Notre vision de l’innovation sociale
Dans un contexte d’évolution permanente des politiques publiques et des formes de précarité, les équipes d’Altea Cabestan s’engagent régulièrement dans des projets innovants.
Ces initiatives visent à imaginer de nouvelles réponses d’accompagnement et d’hébergement à des problématiques particulières,
en se fondant sur notre expertise de terrain.
Elles témoignent de notre volonté de sans cesse réinterroger nos pratiques, mais aussi de notre capacité à penser, créer et expérimenter.
ET POUR Y ARRIVER ?
Nous croyons à la puissance du collectif, à la richesse du croisement d’acteurs et d’expertises, et privilégions donc des approches collaboratives entre associations, collectivités ou encore établissements de soin. Ces expérimentations, souvent réalisées à petite échelle, nous donnent l’occasion de tester ces réponses, d’en mesurer les effets, et de les déployer plus largement si elles ont démontré leur intérêt pour les personnes concernées.
Nos principaux projets
2020 – 2025
« UN petit CHEZ SOI D’ABORD »
Sortir de la rue les personnes souffrant de troubles psychiques
Un dispositif créé en 2017
Inspiré du projet « Housing first » qui fit ses preuves à New-York dans les années 1990, le dispositif « Un chez soi d’abord » incarne un véritable changement structurel de la politique de prise en charge des personnes sans domicile.
Il repose sur un principe simple : l’accès à un logement durable est prioritaire pour les personnes sans-abri. Aucune condition, comme l’arrêt de la consommation d’alcool ou de drogues, n’est exigée pour accéder au logement.
Plutôt que de s’inscrire dans le parcours classique de l’hébergement social, les personnes en errance et souffrant de troubles psychiques sévères, se voient donc proposer un logement ordinaire, directement depuis la rue. Au sein duquel ils recevront un accompagnement renforcé par une équipe médico-sociale pluridisciplinaire.
Dès 2017, Altea Cabestan lança une expérimentation de ce dispositif à travers un projet intitulé un « Petit chez soi d’abord », qui prévoyait l’accueil de 8 personnes entre 2017 et 2020, puis entre 2020 à 2023.
Au vu du bilan très positif de cette expérimentation, un appel à projet à échelle départementale de 55 places fut lancé en 2024.
Altea Cabestan s’est associée à deux autres associations Tremplin 17 et la Fondation des Diaconesses de Reuilly, ainsi qu’au groupe hospitalier de territoire la Rochelle-Ré-Aunis, pour constituer un groupement de coopération social et médico-social (GCSMS) et remporter ensemble cet appel à projet.
Le dispositif « Un chez soi d’abord 17 » était né.
« Innov’toit »
Un habitat alternatif pour un public fortement marginalisé
Une expérimentation pérenne depuis 2022
C’est juste après le confinement de 2020 que germa l’idée du projet Innov’Toit. En effet, pendant le confinement, une mise à l’abri avait été imposée aux personnes sans-abri. À la grande surprise des acteurs de l’urgence sociale, le bilan fut extrêmement positif puisqu’il permit à des personnes à la rue de réaliser qu’un habitat pouvait leur apporter un confort au quotidien.
À la fin de l’année 2020, le gouvernement lança donc un appel à projets qui visait à « la création de projets expérimentaux d’accompagnement de personnes en situation de grande marginalité dans le cadre d’un lieu de vie innovant à dimension collective ».
Altea Cabestan, acteur de l’urgence sociale sur le territoire de la Rochelle, fit alors la proposition d’un lieu d’hébergement en mobil-home individuel, Innov’Toit, qui vit le jour en janvier 2022.
Cette expérimentation reposait sur une prise en charge innovante, dans le but de proposer un cadre adapté aux personnes en rupture avec les structures d’hébergement d’urgence classiques.
- Hébergement sans limite de durée dans un mobil home, une forme d’habitat alternatif entre un lieu clos et une vie en extérieur.
- Possibilité d’allers-retours entre la rue et la structure sans risquer de perdre sa place.
- Pas d’obligation de soin pour les personnes souffrant d’addiction.
- Accueil possible d’un ou plusieurs chiens et possibilité de mener un travail autour de la gestion de l’animal.
En septembre 2024, après deux ans d’expérimentation, la DIHAL (délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement) annonça la pérennisation du dispositif « Innov’Toit ».
PROGRAMME D’ACCOMPAGNEMENT RENFORCÉ DES
BÉNÉFICIAIRES DE LA PROTECTION INTERNATIONALE
Proposer un soutien spécifique à celles et ceux qui ont vécu l’exil
Un programme testé en 2023
L’exil est un évènement traumatisant. Il se caractérise par un déracinement total : perte de statut, d’identité, de relations sociales et familiales et de conditions matérielles.
Certains migrants ont également vécu des situations de guerre, de torture, de persécutions, de violences conjugales ou familiales, qui viennent altérer leur état psychique de façon durable.
Ces personnes, même après avoir obtenu leur statut de réfugié en France, restent donc profondément marqués et fragilisés. C’est en partant de ce constat que l’association Altea Cabestan et le bailleur social Immobilière Atlantic Aménagement (IAA) ont répondu à un appel à projet du « Fond national d’accompagnement vers et dans le logement » (FNAVDL 2022) et proposé un programme de soutien renforcé aux personnes bénéficiaires de la protection internationale sortant de CADA.
Pour faciliter leur parcours d’intégration, un accompagnement spécifique a donc été proposé à des ménages sélectionnés en commission, afin de sécuriser leur accès et leur maintien dans le logement, et de les soutenir dans leurs démarches administratives et d’insertion professionnelle.
En deux ans, 24 ménages ont été accompagnés, sur une période de 6 mois renouvelable.
Distribution des kits hygiène
2024 · Agir pour la dignité et le bien-être des femmes à la rue
Pour les femmes sans abri, l’hygiène est un combat quotidien. Certaines déclarent ne pas se sentir à l’aise dans les sanitaires mixtes des structures d’hébergement, et la plupart ont beaucoup de peine à se procurer des protections périodiques qui coûtent cher, mais qui sont indispensables à l’hygiène intime
Plus largement, maintenir un corps propre est un enjeu réel pour beaucoup de ces femmes, qui tentent ainsi de conserver une dignité, une estime de soi et un semblant de normalité.
En 2024, l’association Altea Cabestan a remporté un appel à projet lancé par l’Etat et complété par du mécénat d’entreprises, afin de lutter contre la précarité menstruelle.
Des petites trousses d’hygiène et beauté ont été constituées, comprenant protections intimes, culotte menstruelle, coupe menstruelle (« Cup »), lingettes, brosse à dent, shampoing, savon, crème ou encore maquillage.
Ces kits ont été distribués dans les accueils de jour et de nuit de Rochefort, ainsi qu’au sein du service d’accueil et d’orientation Cap Altea à la Rochelle.
Cette action innovante continue en 2026 sous le même format, grâce à un nouvel appel à candidature remporté fin 2025.
300 de ces kits ont été distribués aux femmes sans abri.
Ils ont contribué à redonner un peu de confort et de bien-être à des centaines de femmes, en situation de grande précarité à la Rochelle et à Rochefort.
« CHIENS ET MAÎTRES À LA RUE »
Promouvoir la place du chien aux côté des personnes sans-abri
Une expérimentation menée en 2025
En France, 350 000 personnes sont contraintes de vivre à la rue, et on estime qu’entre 10% et 30% d’entre elles possèdent un animal de compagnie, le plus souvent un chien. L’animal occupe une place très particulière dans leur vie : un moyen de protection, un lien affectif, ou encore un soutien psychologique.
Pourtant, les structures de soin, d’hébergement et les administrations, sont très peu nombreuses à autoriser la présence d’animaux. Ce qui pousse donc régulièrement leurs propriétaires à renoncer à des soins, un toit ou des droits.
Face à ce constat, l’association Altea Cabestan a réalisé un diagnostic en 2025 sur le territoire de l’agglomération de la Rochelle. Elle est venue confirmer que pour 72% des personnes sans abri propriétaires d’un chien, celui-ci freinait leur accès aux démarches de soins et de mise à l’abri. L’association, financée par les services de l’Etat très fortement engagés sur cette problématique, a donc imaginé le projet «Chiens et maîtres à la rue», avec les objectifs suivants :
- Développer une offre de services de garde d’animaux pour permettre aux propriétaires d’effectuer leurs démarches.
- Renforcer la compétence des maîtres en matière de santé animale et d’éducation canine, en proposant notamment des ateliers avec un dresseur canin.
- Accompagner les structures sociales afin de favoriser une meilleure intégration des animaux dans leurs dispositifs.
- Promouvoir la place du chien aux côtés de son maître et lutter contre les représentations négatives souvent associées aux chiens de personnes sans abri.
Après une année 2025 d’expérimentation, les services de l’État ont décidé de reconduire l’action pour une année supplémentaire.